« Vivres » de la solidarité
« On compte sur vous », voici le message inscrit sur les banderoles des « Resto du cœur ». Accrochées sur la façade du bâtiment, les bannières sont signées Coluche.
Place de la Chapelle, Paris (18ème) au centre de distribution alimentaire des « Resto du cœur », une vingtaine de personnes attend dans l’entrée. Bon nombre d’entre elles sont des femmes accompagnées de leurs enfants.
Tous ces gens sont là pour la même raison : « obtenir la carte » explique la directrice du centre. Il s’agit d’un coupon vert, sorte de laisser passer pour obtenir de quoi manger.
Cette carte s’adresse aux plus démunis : « une fois que j’ai payé le loyer, il ne me reste plus d’argent pour nourrir ma famille » raconte une mère de famille, « mon mari touche le RMI, et nous percevons des allocations familiales, c’est tout ».
Au fond de ce couloir de l’espoir, on arrive dans un immense hangar de près de 200 mètres carré. Des tréteaux ajustés les uns à coté des autres forment un grand « U ». Les vivres y sont déposés de manière logique et ordonnée. On y trouve le nécessaire : fruits, légumes, produits laitiers « on a même des Flambis » se vante en souriant un bénévole. « Mais pour
pouvoir avoir tout ça on doit faire des concessions ». Le sol est en béton, et en guise de plafond il y a une bâche en plastique. « Quant au chauffage, on travaille sans ».
Une trentaine de bénévoles sont présents pour accueillir les nécessiteux. « Chaque personne a droit à un quota de nourriture, qui varie selon certains critères », précise une retraitée nouvellement membre de l’association.
Les aliments sont présentés comme dans un self-service, les gens se servent et déposent directement les produits dans leur chariot.
Sur la dernière table, on trouve des couches pour bébés, des petits pots, etc. « Il y a même une garderie pour les enfants dont les parents ont retrouvé un emploi » indique la dame chargée de ce rayon.
« En moyenne, on accueille 700 personnes par jour » souligne la directrice. « Pour la plupart ce sont des familles, mais il y a aussi beaucoup de gens qui vivent seuls et n’arrivent plus à joindre les deux bouts » précise t’elle d’un ton désolé.
Un homme d’une trentaine d’années s’occupe du réassort des marchandises : « je suis au chômage depuis 1 an, alors en attendant de retrouver du travail, je viens aider ici deux fois par semaine », « ici au moins je me sens utile » ajoute t’il.
A la sortie, on aperçoit dans la cour des chaises réparties autour d’une estrade. « Les jours où il fait beau on organise des spectacles pour que les gens se changent les idées », raconte un homme. Un clin d’œil à Coluche sans doute…
Très bon article: Un sujet important traité brièvement mais pas superficiellement, sans être négligé ou bâclé, cet article se lit vite et légèrement. Sans aller dans le pathos, tu te contentes d’expliquer le plus clairement et le plus objectivement possible.