Loin des yeux près du cœur.
Et si la clef de la réussite amoureuse était de vivre séparément ?
Il faut bien sur s’entendre sur le terme « vivre séparément ». Pour certains, il s’agit seulement de ne pas partager le même appartement. Ce qui n’empêche pas de se voir tous les jours, si on le désire. Ca permet seulement de garder une certaine indépendance, pour les moments où l’on a besoin de se retrouver seule avec soi-même, par exemple. Ce mode de vie possède même d’autres petits avantages. Imaginez qu’une dispute éclate avec Chouchou. Après s’être balancé ses quatre vérités, on n’a qu’une envie : partir en claquant la porte. Mais, comme cette porte est aussi la nôtre, on est bien obligé de revenir, et parfois avant d’avoir pu essuyer totalement sa colère. Le risque : quitter « appart » et « chouchou » sur un coup de tête, juste parce qu’on n’avait pas d’endroit « neutre » pour réfléchir à tête reposée. Il est vrai aussi, que la plupart du temps, savoir que son homme va devoir revenir au nid, aide à la réconciliation.
Dans une relation à distance, la donne n’est pas la même. Le quotidien est plus difficile à vivre, car on sait Chouchou loin de nous. On tient tant bien que mal en pensant aux menus avantages que cette relation nous offre : Plus de temps pour soi et pour son entourage. On a une totale indépendance, et on se dispute beaucoup plus rarement avec l’être aimé, puisqu’on ne le voit rarement. Les plus passionnées arrivent bien sûr à s’accorder des disputes téléphoniques…Malheureusement pour elles, il n’y aura pas de réconciliation sur l’oreiller ! Parmi les moments qui peuvent être difficiles pour les couples qui vivent séparément, celui de se pomponner tout en se demandant quel intérêt on a à essayer de se faire belle (à part de le faire pour se sentir bien), étant donné que les chances de croiser son amoureux dans la rue sont excessivement minces, puisqu’à la même heure, il est en train de se raser à l’autre bout de la France. Sans parler du moment où on se glisse dans ce grand lit vide, l’autre moment pénible d’une relation à distance, c’est lorsqu’il nous arrive quelque chose de bien. On décroche le job de nos rêves, ou la promotion tant attendue, on est diplômée, etc. Ou à l’inverse, lorsque l’on apprend une mauvaise nouvelle. Dans un cas comme dans l’autre, la présence de notre homme nous est indispensable…Hélas, il n’est pas là pour nous consoler, ou nous féliciter. On se demande alors pourquoi on a un amoureux, mais il ne partage pas les moments forts de notre vie, ni nous de la sienne, comme le font les autres amoureux (ceux qui nous énervent tellement). En revanche, les couples en RAD (relation à distance) ont un énorme avantage sur ces autres couples : La joie des retrouvailles. Le cœur qui bat à 100 à l’heure, lorsque le train qui contient Chouchou entre en gare. Le plaisir de se faire toute belle avant d’aller le chercher et, de faire ensuite comme si de rien n’était. « Non je n’ai pas mis de rouge à lèvres, c’est ma bouche qui brûle d’envie que tu l’embrasse ». « Non, non, j’ai les pommettes roses car je suis émue de te retrouver »… On peut être émue lorsque son homme rentre du boulot, mais quand c’est tous les jours, l’émotion s’évapore rapidement, et la nuisette sexy devient occasionnelle pour laisser place au vieux jogging troué (qui séduit néanmoins beaucoup d’hommes). Évidemment, les retrouvailles sont souvent de courte durée. A peine savoure-t-on son arrivée que déjà sonne le glas du départ. Alors, les cœurs et les mâchoires se serrent, et l’on est beaucoup moins heureux de savoir Chouchou dans ce train, qui cette fois s’éloigne. Mais, n’est-ce pas justement ce sentiment qui nous fait savoir à quel point on aime la personne ?
Reste un dernier point à préciser au sujet de la RAD. On peut vivre éloigné (généralement pour des raisons professionnelles), mais la distance a tout de même ses limites. Si Chouchou vit à Mexico et vous en Normandie, les visites risquent d’être assez espacées (sauf si l’un des deux est très riche et qu’il fait l’aller/retour tous les week-end). Et, au bout d’un certain temps, on ne peut plus se contenter d’imaginer et d’idolâtrer la personne ( et oui, on a souvent tendance à ne garder en mémoire que les qualités d’une personne absente. D’où le terme “idolâtrer”. Alors, que paradoxalement, un homme bien présent aura plus de difficultés à faire oublier ses chaussettes sales qui traînent et ses soirées foot ou poker à la maison.) Il faut donc trouver un juste milieu. Ne pas vivre l’un sur l’autre, mais pas non plus (totalement) l’un sans l’autre. De même, la relation à distance ne peut durer toute la vie. Un jour viendra où il faudra faire le grand saut. Le risque est que cette indépendance que l’on a cultivée au quotidien ne soit remplacée par un sentiment d’étouffement. Quoi que, généralement, les deux partis ayant goûté à cette liberté, souhaiteront continuer d’en jouir et tenteront alors de trouver des arrangements.
Quant à la crainte de la routine et des chaussettes qui traînent, au pire on tombera dedans nous aussi et on aura juste gagné du sursis pendant notre période RAD. Au mieux, on essaiera, comme le font tous les autres couples dont nous n’avons pas parlé, de vivre ensemble et en harmonie, en respectant l’autre, sans oublier de s’octroyer des petits moments en solo ou entre amis. Et si la peur de la routine nous effraie malgré tout, rappelons nous que l’on peut toujours tenter de la déjouer par des petites actions (ou surprises) ponctuelles qui cassent le quotidien.
Le seul soucis c’est de savoir à quel moment Chouchou va arriver dans notre vie. S’il arrive tôt, c’est gérable, s’il arrive tard, faut se dépêcher un peu de profiter de la RAD pour passer à la période cohabitation. Et pas rater celle ci, parce qu’au fil des années, on devient nettement moins intéressante et le choix se réduit sur le marché ! Je crains en plus qu’on ait pris de sales habitudes difficiles à revoir pour “faire plaisir”
Joli billet que vous nous avez fait là !
@pomme
Quand aux “sales habitudes”, si le mec te plait, elles disparaitront (au moins au début… 
Oui, c’est sûr qu’on ne sait jamais à quel moment l’amour va pointer le bout de son nez, mais si il tarde trop à débarquer, on est pas obligée d’y ajouter la phase RAD, on peut faire tout de suite le grand plongeon… si on s’en sent capable ! la période de célibat aura déjà permis d’avoir eu du temps pour soi et pour son entourage, pour pouvoir ensuite se consacrer pleinement à l’amour